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Trans-missions dans l’éducation nationale

Nous nous permettons de développer brièvement notre vue professionnelle sur l’enfant se retrouvant en difficulté avec le monde adulte en général et le système scolaire en particulier. Nous pensons que ces explications sont importantes au départ de la présentation de notre projet, pour permettre au lecteur de situer notre approche dans le système interactionnel de l’enseignement avec l’aide à l’enfance.

Nous pensons qu’une formalisation trop poussée sous forme cartésienne ou matricielle n’est peut-être pas la meilleure façon d’imaginer la prise en charge d’enfants qui montrent justement les limites d’un accueil et d’un esprit organisationnel très structuré, façonné autour d’un programme horaire, avec répétitions hebdomadaires. 

Afin de mieux illustrer notre vision de ce projet, nous utiliserons le terme de « casseur de système » pour désigner le stigma que ces enfants qui se retrouveront dispensés de l’enseignement fondamental, portent déjà. En relation avec ce terme nous entendons des enfants qui ne se laissent pas mettre dans un moule, ou un système tel que l’école, où il faut certes une structure, mais où cette dernière ne convient pas forcément à tout enfant.

En effet, bien souvent ces enfants sont décrits comme intenables, perturbateurs de classe et le système classique del’enseignement frontal ne leur convient pas.

Au-delà de cette étiquette, voire même au-delà de tout diagnostic, nous allons nous intéresser à l’enfant en tant qu’individu à part entière. Nous essayerons de comprendre les émotions et le vécu que l’enfant associe à l’école. Est-ce qu’il y associe une matière insipide à apprendre, ou bien est-ce qu’il fait le lien entre l’école et une éventuelle mauvaise expérience, voire même un traumatisme ? Bien que nousallons traiter des informations reçues en amont (clearing, anamnèse d’autres professionnels), nous ne voulons pas nous réduire et rester figés au diagnostic ou à l’étiquette qui décrit l’enfant uniquement à un moment donné de sa vie, avec le risque de le stigmatiser à moyen terme. L’enfant évolue en fonctiondes rencontres, situations, expériences, interactions etc. qu’il fait dans sa jeune vie. Ce sont notamment les expériences qui vont le marquer. Ne faut-il dès lors pas avoir la prétention de ne plus vouloir changer ou « guérir » l’enfant, mais plutôt le « culot » de changer le cadre dans lequel il évolue ?

L’idée est en effet de créer un cadre qui s’adapte aux appréhensions et craintes de l’enfant, mais surtout à ses envies et ses ressources. Cela reviendrait à dire qu’il faut repenser nos méthodes d’interagir avec l’enfant et les parents. En ayant une approche bienveillante et en s’intéressant à l’individu et aux expériences qu’ils ont pu faire, nous pouvons tenir compte de ces informations afin de créer un cadre flottant autour de l’enfant. Ainsi, il s’agit de multiplier ces espaces (infrastructuraux et/ou environnementaux) afin que les enfants et parents puissent expérimenter tant la matière théorique que les interactions entre pairs.

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